On savait que le métier de doudou n'était pas de tout repos. On ne savait pas à quel point.

À la rédaction du Figarot, les doudous parlent. Ils parlent même beaucoup. Entre deux lessives et trois siestes ratées, ils nous ont tout dit.

Les conditions de travail.

Disponible 24h/24, 7j/7, sans préavis. Pas de congés payés. Pas de mode avion. Pas de "ne pas déranger". Si on appelle, on répond. Même à 3h du matin. Même coincé sous le canapé depuis mardi.

Les déplacements sont fréquents et de dernière minute. Le sac à main, le bac à sable, la machine à laver. Parfois les trois dans la même journée. Dans cet ordre.

Les compétences requises.

Être tactile. Aimer les câlins sans condition. Supporter des volumes sonores élevés sans broncher. Résister aux lavages répétés sans perdre son odeur — cette fameuse odeur qui ne sent pas la lessive mais "la maison" et qui vaut tous les parfums du monde.

Accepter d'être perdu. Retrouvé. Perdu encore. Retrouvé in extremis dans la voiture à 22h45 la veille d'un grand voyage.

Ne pas prendre trop de place dans le sac. C'est non négociable.

Le cas Juliette.

Dans l'univers de Trou Perdu, Juliette a un doudou crocodile. Tout doux. Tout rassurant. Irremplaçable. Un jour, elle l'a perdu. Corentin a tout essayé pour le remplacer — grenouille bondissante, pomme de pin piquante, chaussette marionnette. Rien n'a fonctionné.

Parce que rien ne vaut ce qui a été aimé pour de vrai.

Conclusion de l'enquête.

Le poste de doudou est le plus exigeant qui soit. Aucune formation ne le prépare vraiment. On apprend sur le tas — souvent à l'envers, pendu sur un fil à linge entre deux chaussettes.

Mais ceux qui tiennent le poste le savent : il n'y a pas de meilleur travail au monde.

(Poste à pourvoir. Candidatures ouvertes.)

Melissa Birat-Lassus